L’orientation des coteaux n’est rien sans la nature du sol. À Monbazillac, le dialogue entre argiles et calcaires, graves et limons, s’amplifie ou se tempère selon la pente et la direction du terrain. Les zones les plus pentues, souvent orientées sud-ouest, bénéficient d’un drainage naturel. C’est là que le Sémillon, cépage roi de l’appellation (représentant près de 75 % de l’encépagement selon le Syndicat des Vins de Bergerac et Duras), trouve les conditions idéales pour atteindre la surmaturité sans courir le risque de pourriture grise, moins noble.
La proximité de la Dordogne amplifie ce phénomène : dès les premières fraîcheurs de l’automne, la rivière, tiède au matin, libère des brumes qui s’accrochent aux pentes basses, enveloppant les raisins de gouttes de rosée, préparant le terrain au botrytis. Mais le miracle n’a lieu qu’aux endroits bénéficiant d’un ensoleillement suffisant pour sécher rapidement les grappes en fin de matinée. D’où l’importance cardinale de l’orientation : trop d’ombre, et la pourriture noble laisse place au mal, trop de soleil, et la concentration en sucre peut entraîner un déséquilibre.