Le Périgord, au fil de ses quatre couleurs – Pourpre, Vert, Noir et Blanc – dévoile une mosaïque d’unités géologiques. Les graves n’y dessinent pas de vastes plateaux homogènes, mais des bandes, des langues, parfois même, des poches éparses.
Voici les zones où les sols graveleux s’expriment avec force :
1. La rivière Dordogne et ses terrasses alluviales
- Les terrasses de Bergerac à Sainte-Foy-la-Grande :
De part et d’autre de la Dordogne, un chapelet de terrasses anciennes compose le cœur du Périgord Pourpre. Selon l’édition 2019 du “Petit Atlas des Terroirs du Bergeracois” (IFV Sud-Ouest), les terrasses graveleuses (dont la “terrace du Wurm”, formée lors de la dernière glaciation), offrent les sols les plus recherchés pour la production de vins rouges fins. On les retrouve sur les communes de Monbazillac, Colombier, Saussignac, et plus en aval, vers Port-Sainte-Foy.
- Franges sablo-graveleuses du sud de Bergerac :
Autour de Monbazillac et Sigoulès s’étendent des croupes graveleuses réputées pour les rouges charpentés et les blancs moelleux, en bordure des argiles et calcaires. Ces zones drainantes permettent au Sémillon et au Merlot de puiser le meilleur de chaque millésime.
2. Le vignoble des Côtes de Duras
Sur la limite sud-ouest du département, l’appellation Côtes de Duras (partagée avec le Lot-et-Garonne) offre une succession de pentes et de plateaux entaillés par la Dourdèze et la Dropt. Les études géologiques (BRGM Aquitaine) y identifient de larges plages de graves siliceuses, parfois mêlées à des argiles rouges, sur les secteurs de Baleyssagues, Saint-Sernin et Savignac. Ici, la nature caillouteuse “chauffe” la vigne et donne des vins précis, droits et persistants, au fruit toujours bien mûr.
3. Les “boulbènes graveleuses” du nord de Sainte-Foy
De Pineuilh à Eynesse, côté Bergeracois, s’étend un fin liseré de boulbènes enrichies en graviers – une singularité locale. Ces terres, mi-siliceuses, mi-calcaires, accueillent la vigne dans des conditions équilibrées, produisant des vins rouges structurés, parfois aptes à de longues gardes.
4. Le Périgord Noir et ses enclaves inattendues
Certes, le Périgord Noir évoque d’abord le calcaire jurassique, les truffières et la noyerie. Mais autour de Terrasson et en lisière de la Vézère, quelques veines de graves issues de dépôts tertiaires (cf. Géoportail - couche Lithostratigraphie) offrent des terroirs atypiques. Ces parcelles demeurent très marginales, mais certains vignerons y expérimentent des plantations de cépages résistants et de nouvelles expressions du terroir.