Les vignobles du Périgord se lisent comme un palimpseste, une superposition de règlements, d’usages, de traditions parfois séculaires. L’aire périgourdine — et notamment le bergerac, le montravel, ou le pécharmant — s’est engagée dès les années 1930 dans cette aventure des appellations d’origine contrôlée (AOC), impulsée nationalement par la loi du 6 mai 1919. C’est à cette date que la France, préoccupée par la récurrente fraude viticole, élabore une protection juridique du lien indissociable entre un vin et une terre.
L’année 1936 marque l’inscription de la première AOC de Bergerac. À l’époque, le cahier des charges — ce document fondateur — est quasi idéologique : il s’agit de protéger, de circonscrire, de nommer ce qui fait la singularité d’un vin du Périgord.
Mais très vite, la réalité de la vigne rattrape le droit. Parcelles trop disparates, pratiques culturales hétéroclites héritées du passé, cépages locaux menacés… Chaque décennie, les cahiers des charges s'affinent, en dialogue avec la science, l’économie et le goût du moment.