Les rivières sinueuses, les collines couvertes de vignes, les forêts aux reflets mordorés… Le Périgord chante une histoire millénaire où la vigne, discrète mais opiniâtre, veille sur la mémoire du sud-ouest. Si la région enchante par ses paysages puisant leur force dans la terre, elle étonne aussi par la complexité de son histoire viticole. Ici, la quête d’appellation d’origine contrôlée (AOC) a été tardive, presque pudique, à l’image de ses hommes et de ses pierres. Contrairement à ses voisines plus médiatisées du Bordelais ou de la Bourgogne, le Périgord a dû forger sa propre voie, entre traditions rurales, défis commerciaux, et volonté farouche de préserver son identité.
La viticulture périgourdine, déjà attestée à l’époque gallo-romaine, a connu une première apogée au Moyen Âge, alimentant les marchés anglais et hollandais. Mais la région a essuyé nombre d’épreuves : guerres, phylloxéra, exodes paysans… et une concurrence féroce. L’émergence du concept national d’AOC, dans les années 1930, marquera un tournant, mais le Périgord attendra plusieurs décennies avant de voir ses premiers vins décrocher la précieuse reconnaissance.