Le vignoble du Périgord fut, jusqu’au XIX siècle, un carrefour de diversité, cultivant plus de vingt cépages pour les seuls blancs ! Les ravages du phylloxéra, les reconversions économiques, puis l’attrait mondial pour les profils typés “Bordeaux” ont progressivement recentré l’offre sur le trio emblématique vu plus haut. Ce choix s’est avéré payant pour la reconnaissance et la lisibilité des vins sur la scène française et internationale : en effet, près de 85% des blancs de l’AOC Bergerac s’appuient aujourd’hui sur le duo sauvignon-sémillon (source : Agreste/DRAAF Nouvelle-Aquitaine).
Mais depuis une quinzaine d’années, sous l’aiguillon de jeunes vignerons passionnés et d’un renouveau du goût pour l’authenticité, des essais renaissent : vinifications “parcellaires” des anciennes variétés, recours à des levures indigènes, travail en bio ou biodynamie, mise en avant des cépages oubliés ou, au contraire, innovations avec des clones mieux adaptés au climat changeant. L’AOC Rosette, par exemple, oblige désormais une part minimum de muscadelle (au moins 10% de l’assemblage), signe d’une volonté de préserver la finesse aromatique du patrimoine local (source : Décret Rosette).