Contrairement au Bergeracois et au Périgord Pourpre, dont les fiers châteaux viticoles s’élèvent parmi les ceps, le Périgord Vert hérite d’un rapport plus confidentiel. Mais plusieurs domaines n’en portent pas moins la mémoire de la vigne, qu’ils révèlent à qui sait regarder.
Le Château de Jumilhac : un vaisseau de pierre aux portes du vignoble
Majestueux vaisseau qui surveille la vallée de l’Isle, le Château de Jumilhac est un joyau du Haut-Périgord. Son impressionnante toiture à la Mansart, ses balustrades de fer forgé et ses jardins en terrasses lui confèrent l’élégance d’un château de la Loire, mais c’est un passé viticole discret qui l’habite.
- Les archives racontent qu’une partie de son domaine était couverte de vignes dès le XVII siècle, principalement pour la consommation locale et la production de vin familial.
- Selon Ignace Gaston Pardies, cartographe du Périgord au XVIII siècle, on cultivait déjà le cépage local Folle blanche, réputé pour ses eaux-de-vie et sa résistance au froid.
- Certains murs d’enceinte du parc présentent encore les restes de treilles palissées, mémoire vivante de cette tradition.
Aujourd’hui, si la production viticole a disparu, le château perpétue la mémoire de ce patrimoine à travers des événements œnologiques annuels et des visites thématiques.
Manoirs et gentilhommières : la petite noblesse de la vigne
Le Périgord Vert est aussi un pays de manoirs, moins fastueux mais intimement liés à la culture de la vigne paysanne. Quelques demeures conservent encore la trace de cette histoire.
- Le Manoir de la Faye (Saint-Pompon) : Domaine familial où, jusqu’en 1930, chaque génération entretenait quelques rangs de vigne pour un usage domestique. Les anciens chais servent aujourd’hui de salle d’exposition et de dégustation lors de la fête du patrimoine.
- Le Domaine de la Meynardie (Javerlhac) : Le cadastre napoléonien mentionne ici plus de 5 hectares de vignes en 1823. Quelques pieds centenaires, oubliés, subsistent encore le long du ruisseau du Boulou.
Ces « châteaux sans renom » témoignent de la place qu’occupait la vigne dans le quotidien rural : modeste, locale, mais essentielle à la convivialité paysanne.