Le paysage des AOC périgourdines ne se résume ni à l’ostentation ni à la standardisation. Leur grande richesse, c’est la diversité des sols (galets roulés, argiles rouges, calcaires, graveleux), la variété des expositions, et un brassage incroyable de cépages. À la généalogie bordelaise traditionnelle (Merlot, Sémillon, Sauvignon) se mêlent parfois de vieux plants retrouvés, comme le Fer Servadou ou l’Ondenc.
Les exploitations, à 80% familiales, misent de plus en plus sur l’agriculture biologique ou "raisonnée" (15% des surfaces en bio ou conversion selon l'INAO, 2023), sur la réintroduction des haies et de la biodiversité. Derrière chaque flacon, une volonté d’incarner un “patrimoine vivant” — loin du vin mondialisé sans accent ni mémoire.
La notoriété du Périgord viticole connaît un certain regain : en 2022, la Maison des Vins de Bergerac a accueilli plus de 50 000 visiteurs venus du monde entier, tandis qu'on dénombre plus de 150 fêtes locales annuelles, du à la Nuit du Vin à Monbazillac. Locavores, touristes d’un jour ou collectionneurs s’y mêlent, renouant avec le plaisir simple de la rencontre et du partage.
- Le terroir du Périgord ce sont aussi des paysages façonnés par la polyculture, entre chênaies, pruniers, tabac et vignes, un creuset d’influences occitanes, bourguignonnes, anglaises…
- Les AOC du Périgord offrent un terrain d’aventure infini aux palais curieux, loin de la route toute tracée des grands crus bordelais.
Que l’on flâne sur la Route des Vins ou que l’on s’égare lors d’un marché nocturne d’été, une chose est sûre : ces AOC racontent bien plus que du vin. Elles disent la richesse d’un patrimoine rural en dialogue avec la modernité, la ténacité des petits producteurs et l’imaginaire encore intact d’un pays de mémoire et de saveurs.
Pour aller plus loin : Dossier complet sur les appellations du Périgord, MangerLocal24, Maison des Vins de Monbazillac